Arbre de l’éthique · d’où viennent nos règles, et où elles vont
Les règles de la vie commune sont plus anciennes que l’écriture et que notre espèce. Pensez à des cellules qui sanctionnent les tricheurs, à des chauves-souris qui rendent la pareille pour un repas, à des chimpanzés qui font la paix. Les nœuds de la première bande sont marqués comme observés chez des espèces vivantes ou inférés pour les ancêtres. La loi écrite et la religion révélée sont venues ensuite. À leurs côtés, dès le début, ont couru des traditions qui se passaient d’un législateur divin : l’éthique confucéenne, jaïne et bouddhiste, le matérialisme indien, puis la lignée grecque et plus tard européenne qui demande comment se conduire une fois que plus aucun dieu ne regarde. Viennent ensuite les règles de votre propre expérience, et le long élargissement du cercle de ceux que les règles protègent, avec son coût pour les vies sauvages et authentiques. L’arbre se termine par des questions ouvertes. Aucune n’est résolue ici.
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Où il commence
Tout pousse à partir d’une seule racine : , la plus ancienne règle qui soit. De là, l’arbre se ramifie vers les corps, les familles et les sociétés.
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Les dates sont des années de l’ère commune, sauf mention av. J.-C. Les dates évolutives sont en années passées. Chaque nœud a une adresse stable, indiquée après lui. Nous ne répondons pas ici aux questions ouvertes. Chacune liste la réflexion publiée la plus proche.
Règles non écrites
Arrêter le passager clandestin (origine non datée ; testé en 2004 · Observé chez des espèces vivantes)
De nombreuses bactéries libèrent des molécules coûteuses, comme les sidérophores qui captent le fer, qui aident toutes les cellules voisines. Des mutants qui cessent de payer le coût mais utilisent quand même le produit peuvent se répandre. Griffin, West et Buckling (2004) ont montré chez Pseudomonas aeruginosa que ce qui survit de la coopération dépend de deux choses. L’une est le degré de parenté des voisins. L’autre est l’échelle à laquelle ils sont en compétition.
A mené à : Le pacte multicellulaire; Mettre ses gènes en commun
Adresse : /trees/ethics?n=e-pubgoods
Le pacte multicellulaire (il y a au moins 1 milliard d’années · Inféré pour les ancêtres)
Dans un corps multicellulaire, la plupart des cellules renoncent à leur propre reproduction. Seule la lignée germinale transmet les gènes. C’est un pacte coopératif entre cellules. Le plus ancien fossile solidement daté à cellules différenciées est l’algue rouge Bangiomorpha, vieille d’environ 1,05 milliard d’années. Il existe des affirmations pour des eucaryotes multicellulaires plus anciens. La vraie origine est plus ancienne, et elle s’est produite de nombreuses fois.
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A mené à : Le cancer enfreint les règles
Adresse : /trees/ethics?n=e-multicell
Mettre ses gènes en commun (il y a plus d’1 milliard d’années · Inféré pour les ancêtres)
Dans la reproduction sexuée, deux individus donnent chacun la moitié du génome de la génération suivante. C’est un acte conjoint : les cellules avaient donc besoin de règles sur les gènes à transmettre. La génomique comparative indique que la méiose et le sexe étaient déjà présents chez le dernier ancêtre commun des eucaryotes actuels. La pratique a donc bien plus d’un milliard d’années.
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A mené à : Soin des petits
Adresse : /trees/ethics?n=e-sex
Soin des petits (il y a environ 450 millions d’années · Inféré pour les ancêtres)
Des crustacés ostracodes de l’Ordovicien, vieux d’environ 450 millions d’années, ont été conservés avec des œufs et des embryons retenus à l’intérieur de la coquille. C’est une preuve fossile directe de soin à la couvée. Le soin consiste à payer un coût pour protéger la survie d’un autre individu. C’est le cas le plus ancien de cet arbre.
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A mené à : Aider ses proches
Adresse : /trees/ethics?n=e-parental
Aider ses proches (règle énoncée en 1964 · Idée)
Hamilton (1964) a montré qu’un gène qui pousse à aider les autres peut se répandre. Il se répand si le coût pour celui qui aide est inférieur au bénéfice de celui qui est aidé, pondéré par leur degré de parenté. Cette règle de la valeur adaptative inclusive est le point de départ standard pour expliquer pourquoi les animaux aident leurs apparentés.
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A mené à : Rendre la pareille; Une reine, de nombreuses ouvrières; Nourrir le compagnon de perchoir affamé; Prévenir la famille; Faire la paix après une dispute; The Expanding Circle
Adresse : /trees/ethics?n=e-kin
Rendre la pareille (théorie 1971, 1981 · Idée)
Trivers (1971) soutenait qu’aider des non-apparentés peut évoluer quand ceux qui aident ont de bonnes chances de se revoir et que le service est rendu. Axelrod et Hamilton (1981) ont organisé un tournoi informatique. Il a montré que la coopération conditionnelle peut durer parmi des joueurs intéressés.
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A mené à : Nourrir le compagnon de perchoir affamé; Des parts équitables; Partager, et que les autres nous soient redevables
Adresse : /trees/ethics?n=e-reciprocity
Le cancer enfreint les règles (aussi ancien que la multicellularité · Observé chez des espèces vivantes)
Aktipis et ses collègues examinent le cancer comme un échec de la coopération entre cellules. Il enfreint les règles qui limitent la division, qui imposent de mourir à temps, de répartir le travail, de partager les ressources et de garder intact le tissu environnant. Ils trouvent une croissance désorganisée de type cancéreux dans toutes les formes de vie multicellulaire qu’ils ont examinées.
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A mené à : Faire la police chez les pondeuses
Adresse : /trees/ethics?n=e-cancer
Faire la police chez les pondeuses (observé en 1989 · Observé chez des espèces vivantes)
Dans les colonies d’abeilles domestiques, les ouvrières mangent les œufs pondus par d’autres ouvrières. Ainsi, ce sont les petits de la reine qui sont élevés. Ratnieks et Wenseleers ont passé en revue cette police dans les sociétés d’insectes. Ils la décrivent comme un moyen de supprimer les individus qui se reproduisent aux dépens de la colonie.
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A mené à : Des règles pour les esprits synthétiques
Adresse : /trees/ethics?n=e-police
Nourrir le compagnon de perchoir affamé (observé en 1984 · Observé chez des espèces vivantes)
Wilkinson (1984) a constaté que des chauves-souris vampires sauvages régurgitent du sang pour des compagnons de perchoir qui n’ont pas réussi à se nourrir. Le partage dépendait de la parenté et de la possibilité de rendre la pareille, chacune pour son compte. Une étude ultérieure de Carter et Wilkinson a trouvé que l’aide passée prédit le partage mieux que la parenté. La réciprocité y était appuyée, pas démontrée.
S’appuie sur : Rendre la pareille; Aider ses proches
Source : Wilkinson, ‘Reciprocal food sharing in the vampire bat’, Nature 308 (1984) 181–184
Adresse : /trees/ethics?n=e-bats
Prévenir la famille (observé en 1983 · Observé chez des espèces vivantes)
Hoogland (1983) a étudié les cris d’alarme chez le chien de prairie à queue noire. Il a rapporté que les individus qui lancent l’alarme le font plus volontiers quand des parents proches sont à proximité. Des synthèses ultérieures étendent ce schéma à des apparentés plus éloignés.
S’appuie sur : Aider ses proches
Adresse : /trees/ethics?n=e-prairie
Des parts équitables (observé en 2003 · Observé chez des espèces vivantes)
Brosnan et de Waal (2003) ont rapporté que des singes capucins refusaient une récompense qu’ils avaient acceptée auparavant, dès qu’un partenaire en obtenait une meilleure pour la même tâche. Un commentaire de Nature a soutenu que les résultats montrent le rejet d’une récompense moindre quand une meilleure est en vue. Il a dit qu’ils ne montrent pas forcément une aversion pour l’inégalité.
S’appuie sur : Rendre la pareille
A mené à : Partager, et que les autres nous soient redevables
Source : Brosnan & de Waal, ‘Monkeys reject unequal pay’, Nature 425 (2003) 297–299
Adresse : /trees/ethics?n=e-capuchin
Faire la paix après une dispute (observé en 1979 · Observé chez des espèces vivantes)
De Waal et van Roosmalen (1979) ont constaté au zoo d’Arnhem que des chimpanzés qui s’étaient battus avaient un contact corporel peu après. Ils ont appelé cela la réconciliation. Une étude ultérieure de chimpanzés sauvages a trouvé la réconciliation beaucoup plus rare qu’en captivité.
S’appuie sur : Aider ses proches
A mené à : La base gouverne le chef
Adresse : /trees/ethics?n=e-chimp-repair
La base gouverne le chef (reconstitué pour les chasseurs-cueilleurs · Inféré pour les ancêtres)
Boehm (1993) a soutenu, à partir d’une enquête interculturelle, que les chasseurs-cueilleurs égalitaires tiennent leurs chefs en respect. Ils s’unissent pour ridiculiser, éviter ou écarter quiconque cherche à dominer. Il y voit un renversement de l’ordre de dominance observé chez les grands singes.
S’appuie sur : Faire la paix après une dispute; Partager, et que les autres nous soient redevables
A mené à : Faire honte au vantard
Adresse : /trees/ethics?n=e-reverse
Faire honte au vantard (observé entre les années 1990 et 2005 · Inféré pour les ancêtres)
Wiessner (2005) a relevé comment les Ju/‘hoansi, chasseurs-cueilleurs du Kalahari, font respecter les normes par les commérages, la critique et, rarement, la violence de groupe. Elle a constaté que la plupart des conflits se règlent par la parole. Ce sont des tiers qui n’ont pas subi de tort qui font appliquer les normes. Cela montre comment des normes peuvent être maintenues sans État. Ce sont des gens bien vivants, avec leur propre histoire. L’étude est donc une preuve sur le fonctionnement de l’application des normes, pas un portrait de nos ancêtres.
S’appuie sur : La base gouverne le chef
A mené à : Premières lois écrites; Ne faire de mal à aucune vie; Rôles, rituel et humanité; Les cinq préceptes; Des règles pour les esprits synthétiques
Source : Wiessner, ‘Norm enforcement among the Ju/‘hoansi Bushmen’, Human Nature 16 (2005) 115–145
Adresse : /trees/ethics?n=e-norms
Règles venues d’en haut
Premières lois écrites (vers 2100 av. J.-C.)
Le Code d’Ur-Nammu, de la cité sumérienne d’Ur, est le plus ancien code de lois écrit qui nous soit parvenu. Il fixe un paiement déterminé pour les blessures. Une règle publiée par le souverain a pris la place de l’arrangement non écrit.
S’appuie sur : Faire honte au vantard
A mené à : Le code de Hammurabi
Source : Britannica, ‘Ur-Nammu’
Adresse : /trees/ethics?n=a-urnammu
Le code de Hammurabi (vers 1754 av. J.-C.)
Hammurabi de Babylone fit graver environ 280 lois sur une stèle. Elles énoncent les peines selon le délit et selon le rang des personnes concernées. Le code présente les lois comme données par le roi sous la caution des dieux.
S’appuie sur : Premières lois écrites
A mené à : Le Décalogue; Bon parce que Dieu le dit ?
Source : Britannica, ‘Code of Hammurabi’
Adresse : /trees/ethics?n=a-hammurabi
Le Décalogue (Ier millénaire av. J.-C. (datation débattue))
La Bible hébraïque donne dix commandements, dans l’Exode 20 et le Deutéronome 5. Ils sont présentés comme des règles prononcées par Dieu à un peuple lié par une alliance. Ils portent sur le culte, le sabbat, l’honneur dû aux parents, le meurtre, l’adultère, le vol, le faux témoignage et la convoitise.
S’appuie sur : Le code de Hammurabi
A mené à : La règle d’or; Aimer son prochain; Une loi issue de la révélation; Raison ou révélation ?
Source : Britannica, ‘Ten Commandments’
Adresse : /trees/ethics?n=a-decalogue
La règle d’or (à partir de 500 av. J.-C. environ, dans de nombreuses cultures · Idée)
Des versions de la règle de traiter les autres comme on voudrait être traité figurent dans des écrits confucéens, juifs, chrétiens, bouddhistes, hindous et autres. Certaines sont formulées positivement et d’autres négativement. Le fait qu’elle revienne d’une tradition à l’autre est cité comme preuve d’une racine commune dans la réciprocité entre les personnes.
S’appuie sur : Rôles, rituel et humanité; Le Décalogue; Les cinq préceptes
A mené à : Aimer son prochain
Source : Britannica, ‘Golden Rule’
Adresse : /trees/ethics?n=a-golden
Vivre selon la raison et la nature (à partir de 300 av. J.-C. environ · Idée)
Les stoïciens, à partir de Zénon de Kition, enseignaient que la vertu est le seul bien. On doit vivre en accord avec la raison et la nature. Des stoïciens plus tardifs, comme Hiéroclès, ont décrit des cercles concentriques de sollicitude, qui s’élargissent du soi à toute l’humanité.
S’appuie sur : L’anneau de Gygès
A mené à : Droit naturel
Source : Stanford Encyclopedia of Philosophy, ‘Stoicism’
Adresse : /trees/ethics?n=a-stoics
Aimer son prochain (Ier siècle apr. J.-C. · Idée)
Le Sermon sur la montagne, dans l’Évangile selon Matthieu, fait passer les règles des actes extérieurs aux intentions. Il étend le souci aux ennemis. Le christianisme a pris les commandements de la Bible hébraïque comme base et y a ajouté la règle d’aimer son prochain.
S’appuie sur : Le Décalogue; La règle d’or
A mené à : Une loi issue de la révélation; Droit naturel; Se donner la loi à soi-même; S’il n’y a pas de Dieu; La mort de Dieu
Source : Britannica, ‘Sermon on the Mount’
Adresse : /trees/ethics?n=a-christian
Une loi issue de la révélation (VIIe siècle apr. J.-C. · Idée)
En islam, le Coran et l’exemple de Mahomet sont à la base de la charia. C’est un ensemble de devoirs qui couvrent le culte, la famille, le commerce et les châtiments. Les juristes ont élaboré les règles par l’interprétation au cours des siècles suivants.
S’appuie sur : Aimer son prochain; Le Décalogue
A mené à : Raison ou révélation ?
Source : Britannica, ‘Sharia’
Adresse : /trees/ethics?n=a-islam
Raison ou révélation ? (VIIIe–XIIIe siècle apr. J.-C. · Idée)
Les Mu’tazilites (par ex. ‘Abd al-Jabbar, mort en 1025) tenaient que la valeur des actes peut en général être connue par la raison. Les Ash’arites (al-Ash’ari, mort en 935 ou 936) n’étaient pas d’accord. Pour eux, le bien et le mal sont fixés par le commandement de Dieu et connus par la révélation. Avicenne, Averroès et Maïmonide ont développé Aristote dans le cadre du droit islamique et juif. Thomas d’Aquin s’est appuyé sur eux. Il appelait Averroès « le Commentateur » et suivait Avicenne et Maïmonide sur plusieurs questions.
S’appuie sur : Une loi issue de la révélation; Le Décalogue; La vertu est une habitude
A mené à : Droit naturel
Adresse : /trees/ethics?n=a-reason-revelation
Droit naturel (1265–1274 · Idée)
La Somme théologique de Thomas d’Aquin soutient qu’il existe une loi que la raison peut découvrir. Elle lie tous les êtres humains, et la loi humaine doit la suivre. L’idée rejoint la pensée stoïcienne et romaine, Aristote, la doctrine chrétienne et l’œuvre de philosophes musulmans et juifs comme Avicenne, Averroès et Maïmonide, dont Thomas d’Aquin s’est inspiré.
S’appuie sur : Vivre selon la raison et la nature; Aimer son prochain; La vertu est une habitude; Raison ou révélation ?
A mené à : Des droits issus de la nature
Source : Stanford Encyclopedia of Philosophy, ‘Aquinas’s Moral, Political, and Legal Philosophy’
Adresse : /trees/ethics?n=a-natlaw
Des droits issus de la nature (1689 · Idée)
Le Second traité du gouvernement civil de Locke soutient que, dans l’état de nature, chacun a des droits naturels à la vie, à la liberté et à la propriété. Le gouvernement existe pour les protéger. Les droits naturels donnent aux individus des revendications qu’aucun souverain ne peut écarter.
S’appuie sur : Droit naturel
A mené à : Déclaration des droits de l’homme
Source : Stanford Encyclopedia of Philosophy, ‘Locke’s Political Philosophy’
Adresse : /trees/ethics?n=a-locke
Sans dieux
Ne faire de mal à aucune vie (vers les VIe–Ve siècles av. J.-C. · Idée)
L’enseignement jaïn, lié à Mahāvīra, fait de l’ahiṃsā le premier devoir. L’ahiṃsā signifie éviter de nuire à tout être vivant. Elle s’étend aux animaux et aux plantes. C’est l’une des plus anciennes règles dont le cercle de préoccupation dépasse les humains.
S’appuie sur : Faire honte au vantard
A mené à : Une vérité à plusieurs faces
Source : Britannica, ‘Ahimsa’
Adresse : /trees/ethics?n=a-jain
Rôles, rituel et humanité (vers 500 av. J.-C. · Idée)
Les Entretiens, attribués à Confucius et à ses disciples, fondent la vie morale sur les rôles au sein de la famille et de l’État. La piété filiale (xiao) en est la racine. Le rituel (li) donne sa forme à la conduite. Le ren, l’humanité, est la qualité de la personne exemplaire (junzi). La réciprocité (shu) donne une règle de retenue : ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse (Entretiens 15.24).
S’appuie sur : Faire honte au vantard
A mené à : La règle d’or; Déclaration des droits de l’homme; Germes de bonté; La nature humaine est mauvaise; Un soin sans gradation
Source : Stanford Encyclopedia of Philosophy, ‘Confucius’
Adresse : /trees/ethics?n=a-confucius
Les cinq préceptes (vers le Ve siècle av. J.-C. · Idée)
La pratique laïque bouddhiste comprend cinq préceptes : s’abstenir de tuer, de voler, de mauvaise conduite sexuelle, de fausses paroles et de substances enivrantes. Ils sont présentés comme des règles d’entraînement que l’on prend sur soi. Ce ne sont pas des ordres d’une divinité.
S’appuie sur : Faire honte au vantard
A mené à : La règle d’or; Ashoka protège les animaux
Les sources laissent cette date ou cette affirmation incertaine.
Source : Stanford Encyclopedia of Philosophy, ‘Ethics in Indian and Tibetan Buddhism’
Adresse : /trees/ethics?n=a-buddha
Pas de dieux, pas d’au-delà (Ajita : vers le Ve siècle av. J.-C. ; école Cārvāka : attestée seulement par des témoignages ultérieurs · Idée)
Ajita Kesakambalī est un maître que le Sāmaññaphala Sutta pali (DN 2) place à l’époque du Bouddha. On rapporte qu’il enseignait qu’il n’y a pas d’autre monde. Les dons et les sacrifices ne portent aucun fruit. L’insensé comme le sage sont retranchés à la mort. L’école plus tardive des Cārvāka ou Lokāyata est la tradition indienne la mieux connue pour un matérialisme radical sans dieux. Ses propres textes sont perdus. Nous la connaissons surtout par ses adversaires, qui décrivent son éthique comme la recherche du plaisir.
Source : Dīgha Nikāya 2 (Sāmaññaphala Sutta), Ajita Kesakambalī section ; Britannica, ‘Carvaka’
Adresse : /trees/ethics?n=g-carvaka
Bon parce que Dieu le dit ? (vers 380 av. J.-C. · Idée)
Dans l’Euthyphron de Platon, Socrate pose une question. Les dieux aiment-ils ce qui est pieux parce que c’est pieux ? Ou est-ce pieux parce qu’ils l’aiment ? La question sépare ce qui est juste de celui qui l’ordonne.
S’appuie sur : Le code de Hammurabi
Source : Plato, Euthyphro (trans. Jowett), Project Gutenberg
Adresse : /trees/ethics?n=g-euthyphro
L’anneau de Gygès (vers 375 av. J.-C. · Idée)
Au livre II de la République, Glaucon raconte l’histoire d’un anneau qui rend invisible celui qui le porte. Il demande si quelqu’un resterait juste s’il pouvait agir sans être vu ni puni. C’est le plus ancien test connu de conduite sans témoin et sans conséquence.
A mené à : La vertu est une habitude; Vivre selon la raison et la nature; Supposez que vous soyez le seul
Source : Plato, Republic, Book II (trans. Jowett), Project Gutenberg
Adresse : /trees/ethics?n=g-gyges
La vertu est une habitude (vers 340 av. J.-C. · Idée)
Dans l’Éthique à Nicomaque, Aristote soutient que la vie bonne est une activité conforme à la vertu. Les vertus de caractère se forment par l’habitude. On les juge par rapport à un juste milieu entre des extrêmes. La question passe de ce qui est interdit à la personne que l’on doit devenir.
S’appuie sur : L’anneau de Gygès
A mené à : Droit naturel; Choisir qui l’on est; Raison ou révélation ?
Source : Stanford Encyclopedia of Philosophy, ‘Aristotle’s Ethics’
Adresse : /trees/ethics?n=a-aristotle
Germes de bonté (IVe siècle av. J.-C. · Idée)
Mencius soutenait que la nature humaine tend vers le bien. Chacun possède les « germes » initiaux de la compassion, de la honte, de la déférence, de l’approbation et de la désapprobation. L’éducation peut les nourrir ou les étouffer. Son argument est celui de l’enfant sur le point de tomber dans un puits. N’importe qui réagirait avec alarme et compassion, sans penser à une récompense ni à une réputation (Mencius 2A6).
S’appuie sur : Rôles, rituel et humanité; Un soin sans gradation
A mené à : La nature humaine est mauvaise
Source : Stanford Encyclopedia of Philosophy, ‘Mencius’; Mencius 2A6, 6A6
Adresse : /trees/ethics?n=g-mencius
Les dieux ne regardent pas (vers 300 av. J.-C. · Idée)
Épicure enseignait que les dieux existent mais ne prennent aucune part aux affaires humaines. Il n’y a donc aucun jugement divin à craindre. Il enseignait que la justice est un accord pour ne pas se nuire les uns aux autres. Il tenait que mal agir est mauvais parce qu’on ne peut pas être sûr d’échapper à la détection, ni de la tranquillité d’esprit ensuite.
A mené à : Le fossé entre être et devoir-être; Compter les conséquences; L’ennui de vivre éternellement
Source : Stanford Encyclopedia of Philosophy, ‘Epicurus’
Adresse : /trees/ethics?n=g-epicurus
La nature humaine est mauvaise (IIIe siècle av. J.-C. · Idée)
Xunzi, lui aussi disciple de Confucius, tenait que « la nature humaine est mauvaise » (chap. 23). Laissés à eux-mêmes, nos désirs engendrent la discorde, et la bonté est quelque chose de fabriqué. Les rois sages ont établi le rituel et les règles pour remodeler le désir. Il traitait le Ciel comme l’ordre régulier de la nature, qui ne récompense ni ne punit (chap. 17).
S’appuie sur : Rôles, rituel et humanité; Germes de bonté
Source : Stanford Encyclopedia of Philosophy, ‘Xunzi’
Adresse : /trees/ethics?n=g-xunzi
Une vérité à plusieurs faces (racines canoniques ; formulation classique vers les Ve–VIIIe siècles apr. J.-C. (dates incertaines) · Idée)
L’anékāntavāda jaïn soutient que la réalité a de nombreux aspects, si bien qu’aucune affirmation seule ne la saisit. Le syādvāda place syāt (« à certains égards ») devant chaque affirmation et classe les affirmations en sept formes. Des philosophes jaïns ultérieurs, dont Siddhasena Divākara et Samantabhadra, en ont fait une méthode. Elle pèse les points de vue rivaux sans en écarter aucun d’emblée.
S’appuie sur : Ne faire de mal à aucune vie
Les sources laissent cette date ou cette affirmation incertaine.
Adresse : /trees/ethics?n=g-anekanta
Le fossé entre être et devoir-être (1739–1740 · Idée)
Dans le Traité de la nature humaine, Hume soutenait que les distinctions morales viennent du sentiment, non de la raison seule. Il notait que les auteurs passent d’énoncés sur ce qui est à des énoncés sur ce qui doit être, sans expliquer le passage. On discute encore de ce qu’il voulait dire : qu’aucune inférence de ce type ne peut jamais être valide, ou seulement qu’elle demande une justification.
S’appuie sur : Les dieux ne regardent pas
A mené à : La conscience à partir des instincts; Se donner la loi à soi-même; Compter les conséquences; L’identité n’est pas ce qui compte
Source : Stanford Encyclopedia of Philosophy, ‘Hume’s Moral Philosophy’
Adresse : /trees/ethics?n=g-hume
Se donner la loi à soi-même (1785 · Idée)
La Fondation de la métaphysique des mœurs de Kant soutient qu’une personne rationnelle est liée par une loi qu’elle se donne elle-même. Elle se met à l’épreuve de deux façons. L’une est de se demander si l’on pourrait vouloir la règle pour tous. L’autre est la formule de l’humanité : traiter l’humanité, en soi-même et en autrui, jamais simplement comme un moyen. La loi n’a pas besoin de commandant divin. Mais Kant tenait que le souverain bien, la vertu assortie du bonheur, requiert les postulats de Dieu et de l’immortalité. Il tenait aussi que nos devoirs concernant les animaux sont seulement indirects, dus à l’humanité.
S’appuie sur : Le fossé entre être et devoir-être; Aimer son prochain
A mené à : Rien au-dessus du moi; La mort de Dieu; Choisir sans savoir; Le voile d’ignorance; Déclaration des droits de l’homme; The Case for Animal Rights; Des règles pour les esprits synthétiques; Les animaux comme fins
Source : Stanford Encyclopedia of Philosophy, ‘Kant’s Moral Philosophy’
Adresse : /trees/ethics?n=g-kant
Compter les conséquences (1789–1861 · Idée)
Bentham (1789) et Mill (1861) soutenaient que les actions justes sont celles qui produisent le plus grand bonheur pour le plus grand nombre, chaque personne comptant pour une. La règle n’a pas besoin de dieu. Elle n’a besoin que d’un moyen de comparer la façon dont les vies se déroulent.
S’appuie sur : Les dieux ne regardent pas; Le fossé entre être et devoir-être
A mené à : Manifestes humanistes; Choisir sans savoir; La machine à expérience; Peuvent-ils souffrir; La Libération animale; Principe de non-nuisance
Source : Stanford Encyclopedia of Philosophy, ‘The History of Utilitarianism’
Adresse : /trees/ethics?n=g-util
Rien au-dessus du moi (1844 · Idée)
L’Unique et sa propriété de Stirner rejette toute cause supérieure, y compris l’humanité et la morale, comme une idée fixe. Il prend l’intérêt propre de l’individu comme seul fondement. C’est l’énoncé précoce le plus radical qu’aucune règle ne se tient au-dessus de la personne.
S’appuie sur : Se donner la loi à soi-même
Source : Stanford Encyclopedia of Philosophy, ‘Max Stirner’
Adresse : /trees/ethics?n=g-stirner
La conscience à partir des instincts (1871 · Idée)
Dans La Filiation de l’homme, Darwin soutenait que le sens moral est issu d’instincts sociaux comme la sympathie, joints à la mémoire et à la raison. Il soutenait qu’il n’est pas propre à l’humain à l’origine. Cela reliait les règles de conduite à la vie animale sans recours à un législateur.
S’appuie sur : Le fossé entre être et devoir-être
A mené à : La mort de Dieu
Source : Darwin, The Descent of Man (1871), ch. 3–4, Project Gutenberg
Adresse : /trees/ethics?n=g-darwin
S’il n’y a pas de Dieu (1880 · Idée)
Dans Les Frères Karamazov de Dostoïevski, Ivan pose avec insistance la question de ce qui limite la conduite s’il n’y a ni immortalité ni Dieu. Le livre est la source de la formule qu’on paraphrase d’ordinaire par « tout est permis ». Le roman débat la question sous plusieurs angles. Il ne donne pas une seule réponse.
S’appuie sur : Aimer son prochain
Source : Dostoevsky, The Brothers Karamazov (1880), Project Gutenberg
Adresse : /trees/ethics?n=g-karamazov
La mort de Dieu (1882 · Idée)
Dans Le Gai Savoir (section 125), le fou de Nietzsche annonce que Dieu est mort et que nous l’avons tué. La section 341 pose l’éternel retour comme un test : pourriez-vous affirmer votre vie telle que vous l’avez vécue ? Il traite la perte d’un fondement commun des valeurs comme un événement. Les gens doivent y répondre en créant de nouvelles valeurs.
S’appuie sur : Aimer son prochain; Se donner la loi à soi-même; La conscience à partir des instincts
A mené à : Vivre sans sens donné; L’existence avant l’essence
Source : Stanford Encyclopedia of Philosophy, ‘Friedrich Nietzsche’
Adresse : /trees/ethics?n=g-nietzsche
Manifestes humanistes (1933, 1973, 2003)
Trois Manifestes humanistes, publiés en 1933, 1973 et 2003, énoncent une éthique sans recours à une source surnaturelle. Ils placent les valeurs dans le besoin humain et l’expérience partagée. Chaque révision a élargi ses préoccupations. Les plus récentes incluent les animaux et l’environnement.
S’appuie sur : Compter les conséquences
Les sources laissent cette date ou cette affirmation incertaine.
Source : American Humanist Association, ‘Humanist Manifesto I’
Adresse : /trees/ethics?n=g-humanist
Vivre sans sens donné (1942 · Idée)
Dans Le Mythe de Sisyphe, Camus soutient que la vie n’a pas de sens donné. Il appelle l’absurde le heurt entre l’exigence humaine de sens et le monde silencieux. Il rejette le suicide comme réponse. Il conclut qu’on peut vivre dans la révolte, sans appel à rien d’extérieur au monde.
S’appuie sur : La mort de Dieu
A mené à : L’existence avant l’essence
Source : Stanford Encyclopedia of Philosophy, ‘Albert Camus’
Adresse : /trees/ethics?n=g-camus
L’existence avant l’essence (1945–1946 · Idée)
Dans « L’existentialisme est un humanisme », prononcé en 1945 et publié en 1946, Sartre soutient qu’il n’y a pas de dieu pour fixer la nature humaine. Chaque personne se fait donc par ses choix et répond de ce qu’elle choisit, car en choisissant elle choisit pour tous. Il tient que c’est un fardeau, pas une licence.
S’appuie sur : La mort de Dieu; Vivre sans sens donné
A mené à : Choisir qui l’on est
Source : Stanford Encyclopedia of Philosophy, ‘Jean-Paul Sartre’
Adresse : /trees/ethics?n=g-sartre
Choisir sans savoir (1953–1955 · Idée)
Harsanyi soutenait qu’un décideur rationnel et impartial qui ignore quelle personne il sera devrait choisir les règles qui maximisent le bien-être moyen. Son article de 1955 en fait la démonstration avec un modèle explicite de choix derrière une telle ignorance.
S’appuie sur : Compter les conséquences; Se donner la loi à soi-même
A mené à : Le voile d’ignorance
Adresse : /trees/ethics?n=g-harsanyi
Le voile d’ignorance (1971 · Idée)
Dans la Théorie de la justice de Rawls, les gens choisissent les principes de la société depuis une position originelle. Ils n’y connaissent ni leur classe, ni leurs talents, ni leur place dans la vie. Il soutient qu’ils choisiraient des libertés de base égales, et des arrangements qui profitent le plus aux plus défavorisés.
S’appuie sur : Se donner la loi à soi-même; Choisir sans savoir
A mené à : Voile, toutes les espèces; La machine à expérience; L’identité n’est pas ce qui compte; Partager avec des esprits numériques; Des règles derrière un voile plus large; Capacités pour les animaux
Source : Stanford Encyclopedia of Philosophy, ‘The Original Position’
Adresse : /trees/ethics?n=g-rawls
Voile, toutes les espèces (2007–2016 · Idée)
Plusieurs auteurs se sont demandé ce que décideraient des décideurs rawlsiens s’ils ignoraient à quelle espèce ils appartiennent. Hilden (2007) soutient qu’être un animal non humain relève du hasard, et donc de ce qui se trouve derrière le voile. Liberto (2016) soutient que de tels décideurs finiraient plus près de l’utilitarisme que des principes de Rawls lui-même.
S’appuie sur : Le voile d’ignorance; La Libération animale
A mené à : Des règles derrière un voile plus large
Adresse : /trees/ethics?n=g-veil-animals
Des règles derrière un voile plus large (Question ouverte)
Si vous pouviez vous réveiller sous la forme de n’importe quel être, quelles règles choisiriez-vous ? Ce pourrait être un humain, un animal, un être synthétique ou un personnage dans une simulation. On peut demander à ceux qui choisissent derrière le voile d’ignorer leur espèce. Des auteurs bouddhistes comme Śāntideva nous demandent de peser la souffrance des autres comme la nôtre. Mais aucune thèse admise ne dit ce que doivent faire ceux qui choisissent à l’égard d’êtres dont l’expérience est incertaine ou dont le nombre peut changer.
S’appuie sur : Le voile d’ignorance; Voile, toutes les espèces; Prendre le bien-être de l’IA au sérieux; L’identité n’est pas ce qui compte
La réflexion publiée la plus proche :- Rawls (1971): Pose le choix des principes depuis une position originelle, sans connaître sa place dans la société. A Theory of Justice, Harvard University Press
- Hilden (2007): Soutient que la possibilité d’être un animal non humain relève de ce qui se trouve derrière le voile d’ignorance. Animal Law 14
- Liberto (2016): Soutient que des représentants de tous les animaux derrière le voile choisiraient des principes plus proches de l’utilitarisme que ceux de Rawls. Utilitas
- Śāntideva (c. 700-750): Soutient qu’aucune souffrance n’appartient finalement à personne et qu’elle doit être prévenue simplement comme souffrance, et demande au lecteur d’échanger soi et autrui pour que la douleur des autres soit ressentie comme la sienne. Bodhicaryāvatāra, ch. 8 (verses 90–103 and the exchange meditation of 8.120–131)
Adresse : /trees/ethics?n=q-veil-all
Expérience propre
Choisir qui l’on est (1958–1984 · Idée)
Anscombe (1958) soutenait que le langage du devoir moral avait perdu son appui sans législateur. Elle renvoyait à la vertu et à l’épanouissement, ce qui a relancé l’éthique de la vertu. Lue avec Sartre, la question devient : quel caractère vous donnez-vous ?
S’appuie sur : La vertu est une habitude; L’existence avant l’essence
Source : Anscombe, ‘Modern moral philosophy’, Philosophy 33 (1958) 1–19; SEP, ‘Virtue Ethics’
Adresse : /trees/ethics?n=x-virtue-back
La dernière personne (1973 · Idée)
Routley se demandait si la dernière personne restée en vie ferait mal en détruisant le reste du monde vivant. C’est un cas d’action où aucune autre personne n’est concernée. Il met à l’épreuve la question de savoir si une règle survit quand il ne reste personne dont les intérêts soient en jeu.
A mené à : Supposez que vous soyez le seul
Adresse : /trees/ethics?n=x-routley
L’ennui de vivre éternellement (1973 · Idée)
L’essai de Williams sur le cas Makropoulos soutient qu’une vie sans fin deviendrait insupportable, ou cesserait d’être la vôtre. Les désirs qui donnent un sens à une vie s’épuiseraient, ou changeraient au point d’être méconnaissables. De nombreuses traditions indiennes traitent la renaissance sans fin (samsara) comme une servitude et la libération comme un affranchissement. Mais une série de renaissances sans mémoire n’est pas la vie unique et continue que considère Williams.
S’appuie sur : Les dieux ne regardent pas
Source : Stanford Encyclopedia of Philosophy, ‘Bernard Williams’
Adresse : /trees/ethics?n=x-makropulos
La machine à expérience (1974 · Idée)
Anarchy, State, and Utopia de Nozick demande si vous vous brancheriez à une machine qui donne toutes les expériences que vous choisissez. Il soutient que la plupart des gens ne le feraient pas. Nous voulons faire des choses et être un certain genre de personne, pas seulement avoir des expériences. Le cas est utilisé contre les thèses selon lesquelles seules les expériences comptent.
S’appuie sur : Compter les conséquences; Le voile d’ignorance
A mené à : Les vies virtuelles comptent-elles; Choisir une vie virtuelle
Source : Stanford Encyclopedia of Philosophy, ‘Hedonism’
Adresse : /trees/ethics?n=x-machine
Supposez que vous soyez le seul (hypothèse examinée depuis l’Antiquité · Idée)
Des philosophes ont examiné le solipsisme, la thèse selon laquelle seul votre propre esprit existe. Ils l’ont surtout traité comme un casse-tête sur la connaissance. Ils se sont aussi demandé ce que pourrait signifier l’éthique si l’on était seul. Le site ne soutient pas cette thèse. Il écrit comme si les autres existaient et comptaient. Elle n’apparaît ici que comme une hypothèse qui a été examinée.
S’appuie sur : La dernière personne; L’anneau de Gygès
Les sources laissent cette date ou cette affirmation incertaine.
Source : Stanford Encyclopedia of Philosophy, ‘Other Minds’
Adresse : /trees/ethics?n=x-alone
L’identité n’est pas ce qui compte (1984 · Idée)
Dans Reasons and Persons, Parfit soutient que l’identité personnelle n’est pas ce qui compte dans la survie. Ce qui compte, c’est la connexion et la continuité psychologiques. Elles peuvent exister par degrés et être partagées. Cela donne une nouvelle façon de répondre aux questions sur les copies, la division et la fusion des personnes. Parfit a lui-même noté le parallèle avec l’enseignement bouddhiste selon lequel il n’existe pas de soi durable. Il a cité des passages bouddhistes dans une annexe.
S’appuie sur : Le fossé entre être et devoir-être; Le voile d’ignorance
A mené à : Les vies virtuelles comptent-elles; Plusieurs corps, un seul être; Des règles derrière un voile plus large
Source : Stanford Encyclopedia of Philosophy, ‘Personal Identity’
Adresse : /trees/ethics?n=x-parfit
Les vies virtuelles comptent-elles (2022 · Idée)
Reality+ de Chalmers soutient que les mondes virtuels sont de véritables réalités et qu’une personne peut y mener une vie qui a du sens. Le livre examine aussi ce que nous devons aux personnages de tels mondes, s’ils sont conscients.
S’appuie sur : La machine à expérience; L’identité n’est pas ce qui compte
A mené à : Choisir une vie virtuelle; Des droits depuis l’intérieur d’une simulation
Source : Chalmers, Reality+: Virtual Worlds and the Problems of Philosophy (W. W. Norton, 2022)
Adresse : /trees/ethics?n=x-chalmers
Plusieurs corps, un seul être (Question ouverte)
Nos règles s’appliquent-elles à un être qui vit et meurt comme de nombreux organismes à la fois ? La plupart des règles juridiques et beaucoup de règles morales supposent un seul corps et une seule vie. Les traditions relationnelles et du non-soi traitent déjà les personnes autrement. Aucune thèse établie ne dit comment compter le préjudice ou le consentement pour un être qui est plusieurs corps, des esprits copiés, ou un groupe qui peut lui-même être un sujet.
S’appuie sur : L’identité n’est pas ce qui compte; Partager avec des esprits numériques; Une défense des droits de l’IA
La réflexion publiée la plus proche :- Parfit (1984): Soutient que ce qui compte dans la survie est la continuité psychologique, qui peut se diviser, fusionner et exister par degrés. Reasons and Persons, Oxford University Press
- Shulman et Bostrom (2021): Examine les esprits numériques qui peuvent être copiés, fusionnés et exécutés en grand nombre, et ce que cela change pour le statut moral et les revendications sur les ressources. Rethinking Moral Status, Oxford University Press, 306–326
- Schwitzgebel (2015): Soutient que, si le matérialisme est vrai, certains groupes de personnes, comme une nation, sont probablement des sujets conscients. Philosophical Studies 172, 1697–1721
Adresse : /trees/ethics?n=q-collective
Cercle qui s’élargit
Un soin sans gradation (Ve–IVe siècle av. J.-C. · Idée)
Mozi soutenait que le désordre vient de la partialité. Il disait que les gens devraient montrer le jian ai, habituellement traduit par soin « impartial » ou « inclusif ». Il s’agit de se soucier du bien-être des autres sans le classer selon la proximité. Il éprouvait les coutumes, dont les funérailles confucéennes élaborées et la musique, selon qu’elles profitent à tous. Son éthique est ainsi une des premières éthiques fondées sur les conséquences.
S’appuie sur : Rôles, rituel et humanité
A mené à : Germes de bonté
Source : Stanford Encyclopedia of Philosophy, ‘Mohism’
Adresse : /trees/ethics?n=c-mozi
Ashoka protège les animaux (vers le IIIe siècle av. J.-C. (Édit du rocher I ; Édit du pilier V, la 26e année du règne du roi))
Dans l’Édit du rocher I, le roi maurya Ashoka déclare qu’aucun être vivant ne doit être abattu ni offert en sacrifice dans son domaine. Il dit que la mise à mort dans sa propre cuisine est réduite à quelques créatures. L’Édit du pilier V a été publié vingt-six ans après son couronnement. Il énumère des espèces déclarées protégées, ainsi que les femelles avec leurs petits et les poissons certains jours fixes.
S’appuie sur : Les cinq préceptes
Source : Dhammika (trans.), The Edicts of King Ashoka, Buddhist Publication Society (Wheel 386)
Adresse : /trees/ethics?n=c-ashoka
Peuvent-ils souffrir (1789 · Idée)
Dans une note de An Introduction to the Principles of Morals and Legislation, Bentham écrit que la question à propos des animaux n’est pas de savoir s’ils peuvent raisonner ou parler. C’est de savoir s’ils peuvent souffrir. Il s’en est servi pour soutenir que la capacité de souffrir, et non l’espèce, détermine qui mérite considération.
S’appuie sur : Compter les conséquences
A mené à : La Libération animale
Source : Stanford Encyclopedia of Philosophy, ‘The Moral Status of Animals’
Adresse : /trees/ethics?n=c-bentham
Déclaration des droits de l’homme (1948)
L’Assemblée générale des Nations unies a adopté la Déclaration universelle des droits de l’homme le 10 décembre 1948, par 48 voix contre zéro et 8 abstentions. L’article 1 dit que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits et sont doués de raison et de conscience. C’était la première déclaration de ce genre adoptée par l’Assemblée générale. Ses rédacteurs venaient de plusieurs traditions. Chang Peng-chun, le délégué chinois, a proposé le mot « conscience » et s’est inspiré de l’idée confucéenne de ren. Charles Malik, le délégué libanais, a proposé « doués de raison ».
S’appuie sur : Des droits issus de la nature; Se donner la loi à soi-même; Rôles, rituel et humanité
A mené à : The Expanding Circle
Source : United Nations, Universal Declaration of Human Rights (1948)
Adresse : /trees/ethics?n=c-udhr
La Libération animale (1975 · Idée)
La Libération animale de Singer soutient, à partir de la considération égale des intérêts, que la souffrance des animaux compte. La traiter comme moins importante à cause de l’espèce est un préjugé. Ce livre est devenu un texte fondateur du mouvement moderne de protection des animaux.
S’appuie sur : Peuvent-ils souffrir; Compter les conséquences
A mené à : Voile, toutes les espèces; The Case for Animal Rights; The Expanding Circle; Les vies sauvages ont une valeur; Aider les animaux sauvages; Capacités pour les animaux
Source : Stanford Encyclopedia of Philosophy, ‘The Moral Status of Animals’
Adresse : /trees/ethics?n=c-singer75
The Expanding Circle (1981 · Idée)
The Expanding Circle de Singer soutient que la morale a commencé comme un souci pour les proches et le groupe. La raison l’a élargie à davantage d’êtres. Il relie cet élargissement à la sympathie évoluée et au raisonnement impartial.
S’appuie sur : La Libération animale; Aider ses proches; Déclaration des droits de l’homme
Source : Singer, The Expanding Circle: Ethics and Sociobiology (Farrar, Straus and Giroux, 1981)
Adresse : /trees/ethics?n=c-circle81
The Case for Animal Rights (1983 · Idée)
Regan soutenait que les animaux qui sont sujets d’une vie ont une valeur inhérente. Ils ont des droits qui ne peuvent être écartés au nom du bénéfice total. Sa thèse des droits rivalise avec l’argument utilitariste en faveur des animaux.
S’appuie sur : La Libération animale; Se donner la loi à soi-même
A mené à : Les dauphins comme personnes; Sandra l’orang-outan; Une défense des droits de l’IA
Source : Stanford Encyclopedia of Philosophy, ‘The Moral Status of Animals’
Adresse : /trees/ethics?n=c-regan
Capacités pour les animaux (2006 · Idée)
Dans Frontiers of Justice, Nussbaum soutient que le contrat social de Rawls est conçu pour des parties à peu près égales qui gagnent à coopérer. Il ne peut donc pas couvrir les personnes handicapées, les étrangers ni les animaux non humains. Son approche par les capabilités demande de quoi chaque créature a besoin pour vivre une vie digne de son espèce. Elle traite le fait de ne pas le fournir comme une injustice, et non seulement comme un manque de compassion.
S’appuie sur : Le voile d’ignorance; La Libération animale
Adresse : /trees/ethics?n=c-nussbaum
Déclaration de Cambridge (2012)
Lors d’une conférence à Cambridge le 7 juillet 2012, des neuroscientifiques ont signé une déclaration. Elle dit que les animaux non humains possèdent les substrats neurologiques des états conscients. Cela inclut tous les mammifères et les oiseaux et beaucoup d’autres créatures, comme les pieuvres. Philip Low l’a rédigée, et un groupe comprenant Christof Koch l’a révisée.
A mené à : Les dauphins comme personnes; Sandra l’orang-outan; Revue sur les crabes et les pieuvres; Déclaration de New York
Source : La Déclaration de Cambridge sur la conscience (2012)
Adresse : /trees/ethics?n=c-cambridge
Les dauphins comme personnes (2013)
En mai 2013, le ministère indien de l’Environnement a demandé aux gouvernements des États de rejeter les projets de delphinariums. Il a dit que les dauphins devraient être considérés comme des personnes non humaines dotées de leurs propres droits, et que les garder pour le divertissement est moralement inacceptable. C’était une déclaration de politique, pas une loi.
S’appuie sur : Déclaration de Cambridge; The Case for Animal Rights
A mené à : Sanctuaire ou vie sauvage
Source : Global Voices, ‘India sees dolphins as non-human persons’ (31 July 2013)
Adresse : /trees/ethics?n=c-india
Sandra l’orang-outan (2014–2019)
Le 18 décembre 2014, une cour d’appel argentine s’est prononcée sur une requête d’habeas corpus pour Sandra, une orang-outan détenue dans un zoo de Buenos Aires. Elle l’a qualifiée de « sujet non humain » titulaire de droits, mais n’a pas accordé l’habeas corpus. Un tribunal a ordonné son transfert dans un sanctuaire en 2015, et elle a rejoint un sanctuaire en Floride en novembre 2019.
S’appuie sur : The Case for Animal Rights; Déclaration de Cambridge
Source : AP, ‘Orangutan granted “personhood” settles into new Florida home’ (7 November 2019)
Adresse : /trees/ethics?n=c-sandra
Une défense des droits de l’IA (2015 · Idée)
Schwitzgebel et Garza soutiennent que des êtres artificiels pourraient en venir à avoir les traits psychologiques et sociaux qui fondent le statut moral chez les humains. Si c’est le cas, ils mériteraient des droits similaires. Ils soutiennent aussi qu’il faut éviter de construire des êtres dont le statut est incertain. Ils traitent la question comme un problème actuel de conception.
S’appuie sur : The Case for Animal Rights
A mené à : Plusieurs corps, un seul être; Suspendre la souffrance synthétique; Partager avec des esprits numériques; Des droits depuis l’intérieur d’une simulation
Adresse : /trees/ethics?n=c-schwitz-garza
Un fleuve comme personne juridique (2017)
La loi néo-zélandaise Te Awa Tupua (Whanganui River Claims Settlement) Act 2017 a déclaré le fleuve Whanganui personne juridique. Deux gardiens parlent en son nom. C’est un règlement en vertu du Traité avec les iwi de Whanganui. Elle reflète la conception māorie du fleuve comme un ancêtre.
Source : Te Awa Tupua (Whanganui River Claims Settlement) Act 2017 (New Zealand)
Adresse : /trees/ethics?n=c-whanganui
Les animaux comme fins (2018 · Idée)
Fellow Creatures de Korsgaard soutient, à partir de prémisses kantiennes, que les animaux sont des fins en soi. Nous ne pouvons pas compter notre propre bien comme important sans compter le bien de toute créature pour qui les choses peuvent bien ou mal aller. Elle rejette la thèse de Kant selon laquelle les devoirs concernant les animaux sont seulement indirects.
S’appuie sur : Se donner la loi à soi-même
Adresse : /trees/ethics?n=c-korsgaard
Revue sur les crabes et les pieuvres (2021)
Une revue dirigée par Jonathan Birch pour le gouvernement britannique a examiné plus de 300 études. Elle a recommandé de traiter les mollusques céphalopodes et les crustacés décapodes comme sensibles aux fins de la législation sur le bien-être animal. Elle a posé huit critères pour juger des preuves de sentience chez un animal.
S’appuie sur : Déclaration de Cambridge
A mené à : L’Animal Welfare (Sentience) Act 2022 du Royaume-Uni; Suspendre la souffrance synthétique; Déclaration de New York
Adresse : /trees/ethics?n=c-birch
Suspendre la souffrance synthétique (2021 · Idée)
Metzinger (2021) a proposé un moratoire mondial jusqu’en 2050 sur les recherches qui visent à créer une conscience artificielle, ou qui risquent de le faire. Son inquiétude est une possible explosion d’expériences négatives chez des êtres synthétiques. Une critique de 2024, signée Krzanowski, a soutenu que le moratoire est mal fondé tel qu’il est formulé.
S’appuie sur : Revue sur les crabes et les pieuvres; Une défense des droits de l’IA
A mené à : Indicateurs de conscience de l’IA
Adresse : /trees/ethics?n=c-metzinger
Partager avec des esprits numériques (2021 · Idée)
Shulman et Bostrom soutiennent que des normes morales bâties sur des hypothèses sur la vie humaine peuvent ne pas convenir aux esprits numériques. Les esprits numériques peuvent être copiés ou accélérés, ou avoir des revendications exceptionnellement fortes sur les ressources. Ils appellent à réformer les normes et les institutions. Ils appellent aussi à planifier quels esprits numériques créer.
S’appuie sur : Une défense des droits de l’IA; Le voile d’ignorance
A mené à : Plusieurs corps, un seul être; Prendre le bien-être de l’IA au sérieux; Des règles pour les esprits synthétiques; Des droits depuis l’intérieur d’une simulation
Adresse : /trees/ethics?n=c-shulman
L’Animal Welfare (Sentience) Act 2022 du Royaume-Uni (2022)
La loi, adoptée en 2022, a créé un comité sur la sentience animale. Le comité indique si la politique du gouvernement a tenu dûment compte du bien-être animal. La loi définit les animaux de façon à inclure les vertébrés, les mollusques céphalopodes et les crustacés décapodes. Les invertébrés ont été ajoutés au projet de loi après la revue de 2021. Le secrétaire d’État peut allonger la liste par règlement.
S’appuie sur : Revue sur les crabes et les pieuvres
Source : Animal Welfare (Sentience) Act 2022, c. 22 (UK)
Adresse : /trees/ethics?n=c-sentience-act
Indicateurs de conscience de l’IA (2023)
Butlin, Long et leurs collègues ont tiré des propriétés indicatrices des théories scientifiques de la conscience. Ils ont confronté les systèmes d’IA existants à ces indicateurs. Ils ont conclu qu’aucun système actuel n’est un candidat sérieux. Ils n’ont vu aucun obstacle évident à construire des systèmes qui remplissent les indicateurs.
S’appuie sur : Suspendre la souffrance synthétique
A mené à : Prendre le bien-être de l’IA au sérieux
Adresse : /trees/ethics?n=c-butlin
Déclaration de New York (2024)
La déclaration a été lancée à l’université de New York le 19 avril 2024. Elle dit qu’il existe un solide appui scientifique en faveur de l’expérience consciente chez les mammifères et les oiseaux. Elle dit qu’il existe au moins une possibilité réaliste de la trouver chez tous les vertébrés et chez de nombreux invertébrés, dont les insectes. Elle dit qu’ignorer cette possibilité dans les décisions qui touchent les animaux est irresponsable.
S’appuie sur : Déclaration de Cambridge; Revue sur les crabes et les pieuvres
A mené à : Prendre le bien-être de l’IA au sérieux
Les sources laissent cette date ou cette affirmation incertaine.
Source : La Déclaration de New York sur la conscience animale (2024)
Adresse : /trees/ethics?n=c-ny-declaration
Prendre le bien-être de l’IA au sérieux (2024 · Idée)
Long, Sebo et leurs collègues soutiennent qu’il existe une possibilité réaliste que certains systèmes d’IA soient conscients, ou dotés d’une réelle autonomie d’action, dans un avenir proche. Ils recommandent de reconnaître la question, d’évaluer les systèmes à la recherche de signes et de préparer des politiques. Ils ne prétendent pas qu’un système ait aujourd’hui une importance morale.
S’appuie sur : Indicateurs de conscience de l’IA; Partager avec des esprits numériques; Déclaration de New York
A mené à : Des règles pour les esprits synthétiques; Des règles derrière un voile plus large
Source : Long, Sebo et al., ‘Taking AI welfare seriously’, arXiv:2411.00986 (2024)
Adresse : /trees/ethics?n=c-long
Des règles pour les esprits synthétiques (Question ouverte)
Faut-il étendre aux esprits synthétiques les règles durement acquises qui tiennent ensemble les sociétés humaines ? Et lesquelles ? Les règles contre la triche, pour des parts équitables et pour la réconciliation sont nées parmi des êtres mortels, semblables entre eux et coûteux à copier. On n’a pas tranché lesquelles dépendent de ces conditions.
S’appuie sur : Prendre le bien-être de l’IA au sérieux; Partager avec des esprits numériques; Faire la police chez les pondeuses; Faire honte au vantard; Se donner la loi à soi-même
La réflexion publiée la plus proche :- Shulman et Bostrom (2021): Soutient que des normes bâties sur des hypothèses humaines peuvent devoir être réformées quand des esprits peuvent être copiés et ont des revendications inhabituelles sur les ressources. Rethinking Moral Status, Oxford University Press
- Long, Sebo et leurs collègues (2024): Recommande d’évaluer les systèmes d’IA quant à la conscience et à l’autonomie d’action et de préparer des politiques sur la façon dont ils sont traités. arXiv:2411.00986
- Schwitzgebel et Garza (2015): Soutient que des êtres artificiels dotés des caractéristiques pertinentes mériteraient des droits similaires, et que la conception devrait en tenir compte. Midwest Studies in Philosophy 39
Adresse : /trees/ethics?n=q-cohesion
Des droits depuis l’intérieur d’une simulation (Question ouverte)
Si nous vivons dans une simulation, nos esprits tournent sur l’ordinateur de quelqu’un d’autre, ce qui fait de nous, d’une certaine façon, des esprits artificiels. Tout argument qui refuse des droits à un esprit au seul motif qu’il tourne sur un ordinateur nous les refuserait donc aussi. Les arguments qui demandent si un système ressent réellement quelque chose ne le feraient pas. Tout dépend du type d’argument avancé.
S’appuie sur : Une défense des droits de l’IA; Partager avec des esprits numériques; Les vies virtuelles comptent-elles
La réflexion publiée la plus proche :- Bostrom (2003): Soutient qu’au moins une de trois propositions est vraie, l’une d’elles étant que nous vivons presque certainement dans une simulation informatique. Philosophical Quarterly 53 (211)
- Schwitzgebel et Garza (2015): Soutient que des êtres artificiels dotés des caractéristiques pertinentes mériteraient des droits similaires, et que la conception devrait en tenir compte. Midwest Studies in Philosophy 39
- Chalmers (2022): Soutient que les mondes virtuels sont de véritables réalités et que les êtres qui s’y trouvent peuvent être conscients, et demande ce que nous devons à de tels êtres. Reality+, W. W. Norton
Adresse : /trees/ethics?n=q-own-rights
Coût de la protection
Le festin de l’oiseau de mer (IVe–IIe siècle av. J.-C. (chapitre 18 extérieur ; les chapitres intérieurs sont plus anciens) · Idée)
Au chapitre 18 du Zhuangzi, le marquis de Lu accueille un oiseau de mer dans son temple ancestral avec du vin, de la musique et de la viande de bœuf. Il meurt en trois jours. Le sens est que traiter une autre créature selon ce qui vous plairait peut la tuer. La façon de vivre propre à la créature est la mesure de son bien.
A mené à : Choisir une vie virtuelle
Source : Zhuangzi, ch. 18 (‘Supreme Happiness’) ; Stanford Encyclopedia of Philosophy, ‘Zhuangzi’
Adresse : /trees/ethics?n=p-seabird
Principe de non-nuisance (1859 · Idée)
Dans De la liberté, Mill soutenait qu’on ne peut exercer un pouvoir contre la volonté d’une personne que pour empêcher de nuire à autrui. Le bien de la personne elle-même ne suffit pas. Il admettait qu’on empêche quelqu’un de traverser un pont dangereux, comme un cas d’ignorance du danger.
S’appuie sur : Compter les conséquences
A mené à : Paternalisme; Le droit de choisir un risque; Choisir une vie virtuelle
Source : Mill, On Liberty (1859), Project Gutenberg ; SEP, ‘John Stuart Mill’
Adresse : /trees/ethics?n=p-mill
Paternalisme (1972 · Idée)
L’essai de Dworkin expose les cas où l’on pourrait justifier d’entraver la liberté d’une personne pour son propre bien. Il propose que ce soit justifié là où les gens y consentiraient en tant que personnes rationnelles. L’article a contribué à définir le champ du débat sur le paternalisme.
S’appuie sur : Principe de non-nuisance
A mené à : Le droit de choisir un risque; Choisir une vie virtuelle
Source : Dworkin, ‘Paternalism’, The Monist 56 (1972) 64–84; SEP, ‘Paternalism’
Adresse : /trees/ethics?n=p-dworkin
Les vies sauvages ont une valeur (1980–1984 · Idée)
Callicott (1980) et Sagoff (1984) soutenaient que se soucier du bien-être de chaque animal, de façon cohérente, exigerait de mettre fin à la prédation. Cela détruirait les communautés sauvages que valorise l’éthique environnementale. Ils en ont conclu que la libération animale et l’éthique environnementale ne peuvent pas partager une même théorie.
S’appuie sur : La Libération animale
A mené à : Aider les animaux sauvages; Réensauvagement
Source : Callicott, ‘Animal liberation: a triangular affair’, Environmental Ethics 2 (1980) 311–338
Adresse : /trees/ethics?n=p-callicott
Réensauvagement (1998 · Idée)
Soule et Noss (1998) ont proposé le réensauvagement. Il s’agit de restaurer de vastes noyaux protégés, des corridors de liaison et des grands prédateurs à l’échelle d’un continent pour que la nature sauvage puisse se gérer seule. L’approche demande aux humains de s’effacer et d’accepter le mal que contient la vie sauvage.
S’appuie sur : Les vies sauvages ont une valeur
Adresse : /trees/ethics?n=p-rewild
Aider les animaux sauvages (2010 · Idée)
Horta (2010) soutenait que les animaux sauvages souffrent de la faim, de la maladie et de la prédation. Une approche qui tient compte de leurs intérêts devrait donc viser à réduire ce mal, non à maintenir les écosystèmes tels quels. Il a donné la réintroduction du loup comme exemple où les deux objectifs entrent en conflit.
S’appuie sur : La Libération animale; Les vies sauvages ont une valeur
Adresse : /trees/ethics?n=p-horta
Sanctuaire ou vie sauvage (2013–2015)
La politique indienne de 2013 sur les delphinariums et l’ordonnance du tribunal argentin déplaçant Sandra vers un sanctuaire traitent toutes deux la captivité comme un coût pour l’animal. Toutes deux échangent une forme de vie protégée contre une autre. Aucune ne dit si un sanctuaire vaut pour l’animal autant que la liberté.
S’appuie sur : Les dauphins comme personnes
A mené à : Choisir une vie virtuelle
Les sources laissent cette date ou cette affirmation incertaine.
Source : AP, ‘Orangutan granted “personhood” settles into new Florida home’ (7 November 2019)
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Le droit de choisir un risque (2015)
Dans l’arrêt Carter c. Canada (2015), la Cour suprême du Canada a jugé à l’unanimité que l’interdiction de l’aide médicale à mourir portait atteinte au droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de la personne. Cela valait pour les adultes capables qui souffrent de façon intolérable. Elle protège le choix d’un adulte capable de recevoir l’aide médicale à mourir, en cas de problèmes de santé graves et irrémédiables et dans le cadre de garanties strictes. L’arrêt a pris effet en 2016.
S’appuie sur : Principe de non-nuisance; Paternalisme
A mené à : Choisir une vie virtuelle
Source : Carter v. Canada (Attorney General), 2015 SCC 5
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Choisir une vie virtuelle (Question ouverte)
Si une personne choisit de vivre comme un autre type d’être dans une simulation, nos protections respectent-elles ce choix ou lui font-elles obstacle ? Les mêmes règles qui protègent les gens d’un mal qu’ils ne voient pas servent à passer outre à des choix qu’ils ont faits. Les règles ne donnent aucun critère clair pour savoir de quel cas relève une vie virtuelle choisie.
S’appuie sur : La machine à expérience; Les vies virtuelles comptent-elles; Principe de non-nuisance; Paternalisme; Le droit de choisir un risque; Sanctuaire ou vie sauvage; Le festin de l’oiseau de mer
La réflexion publiée la plus proche :- Nozick (1974): Soutient que la plupart des gens refuseraient une machine qui fournit des expériences choisies, puisque nous voulons être et agir, pas seulement ressentir. Anarchy, State, and Utopia, Basic Books
- Chalmers (2022): Soutient que les mondes virtuels sont de véritables réalités et qu’une personne peut y mener une vie qui a du sens. Reality+, W. W. Norton
- Mill (1859): N’autorise l’ingérence que pour empêcher de nuire à autrui, avec un cas étroit pour avertir d’un danger que la personne ignore. On Liberty, ch. 1 and 5
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