Des arguments tirés de la physique connue ou de la théorie du calcul sur ce qu’il faudrait pour simuler cet univers.
Beane, Davoudi & Savage : pas du réseau d’après les rayons cosmiques
Suppose que l’univers est une simulation numérique sur un réseau cubique d’espace-temps (fermions de Wilson non améliorés, comme dans les premières QCD sur réseau). Calcule ensuite ce que nous pourrions observer, y compris une symétrie de rotation brisée dans les rayons cosmiques de plus haute énergie.
Résultat. Leur borne la plus forte est un inverse du pas du réseau supérieur à environ 1011 GeV. Cela correspond à un pas inférieur à environ 2 × 10-27 m. Elle vient de la coupure à haute énergie du spectre des rayons cosmiques. Un réseau ferait aussi arriver plus souvent les rayons cosmiques de plus haute énergie le long de ses axes. Personne ne l’a rapporté.
Ce qu’elle ne montre pas. Elle borne un modèle précis, un réseau cubique à discrétisation de type Wilson. Elle n’écarte pas d’autres discrétisations, des réseaux plus fins ou des méthodes sans réseau. Et elle ne rapporte aucune détection.
Ne touche directement aucun curseur · Beane, S. R., Davoudi, Z. & Savage, M. J. (2014). Constraints on the Universe as a numerical simulation. Eur. Phys. J. A 50, 148. arXiv:1210.1847.
Ringel & Kovrizhin : réponses gravitationnelles et problème du signe
Les auteurs montrent que les réponses gravitationnelles quantifiées (comme la conductance de Hall thermique dans les phases de Hall quantique fractionnaire) bloquent le Monte Carlo quantique local sans signe pour certains systèmes bosoniques. Cela suggère que certains systèmes quantiques résistent à une simulation Monte Carlo classique efficace.
Résultat. Le résultat porte sur des représentations Monte Carlo quantiques sans signe de phases précises de la matière condensée. L’article ne porte pas sur l’hypothèse de la simulation. Des reprises dans la presse grand public ont affirmé qu’il montrait que nous ne sommes pas dans une simulation. Les commentateurs l’ont rejeté.
Ce qu’elle ne montre pas. Elle ne montre pas que l’univers ne peut pas être simulé. Elle couvre une classe d’algorithmes classiques. Ce n’est pas une preuve formelle de difficulté en théorie de la complexité. Et un simulateur construit sur un ordinateur quantique n’est pas concerné (Aaronson, 2017).
Ne touche directement aucun curseur · Ringel, Z. & Kovrizhin, D. L. (2017). Quantized gravitational responses, the sign problem, and quantum complexity. Science Advances 3(9), e1701758. (arXiv:1704.03880, earlier title 'Quantized gravitational responses and the sign problem'); Aaronson, S. (3 Oct 2017). Because you asked: the Simulation Hypothesis has not been falsified ; remains unfalsifiable. Shtetl-Optimized.
Vazza : budget astrophysique d’énergie et d’information
Utilise la borne holographique et le principe de Landauer pour estimer l’énergie nécessaire pour encoder l’état de l’Univers visible, de la Terre à la résolution de Planck, et de la Terre à une résolution plus grossière fixée par les observations de neutrinos de haute énergie.
Résultat. Encoder l’Univers visible demanderait environ 3,5 × 10124 bits et 8,9 × 10101 J. L’Univers observable contient environ 2,7 × 1071 J. La Terre à la résolution de Planck demande environ 3,0 × 1052 J. La Terre à la résolution la plus grossière que permettent les observations de neutrinos de haute énergie (environ 10-23 m) demande environ 4,3 × 1028 J. Cette énergie existe en principe, mais pas au rythme qu’exige une simulation en cours. Conclusion : un univers de notre physique ne peut pas simuler celui-ci. Les chiffres viennent de la prépublication (arXiv v1).
Ce qu’elle ne montre pas. Elle ne couvre pas les simulateurs d’une autre physique, ni les simulations qui ne rendent que ce dont les observateurs ont besoin. Un commentaire de Frontiers de 2026 (Edge & Brown) soutient que l’article vise une version plus forte, à monde partagé, que l’affirmation de Bostrom.
Ne touche directement aucun curseur · Vazza, F. (2025). Astrophysical constraints on the simulation hypothesis for this Universe: why it is (nearly) impossible that we live in a simulation. Frontiers in Physics 13, 1561873. arXiv:2504.08461.; Edge, E. & Brown, C. A. (2026). Commentary: Astrophysical constraints on the simulation hypothesis for this Universe. Frontiers in Physics (article 1808725), 21 April 2026.
Wolpert : théorie informatique et hypothèse de la simulation
Relie la théorie informatique à la physique par la thèse de Church-Turing physique. Définit formellement la simulation. Utilise ensuite le second théorème de récursion de Kleene et le théorème de Rice pour obtenir des résultats sur la simulation et l’auto-simulation.
Résultat. Démontre que, sous ses hypothèses, nous pourrions être dans une simulation que nous exécuterions nous-mêmes sur un ordinateur. C’est de l’auto-simulation : deux instances identiques, également réelles. Il en tire aussi des résultats d’impossibilité à partir du théorème de Rice, et examine le chiffrement homomorphe et les graphes d’univers imbriqués.
Ce qu’elle ne montre pas. C’est une analyse formelle qui repose sur la thèse de Church-Turing physique. Elle ne dit pas si notre univers est une simulation. Ses résultats valent pour toute paire d’univers de ce genre, pas seulement celle-ci.
Ne touche directement aucun curseur · Wolpert, D. H. (2025). What computer science has to say about the simulation hypothesis. J. Phys. Complexity 6(4), 045010. (arXiv:2404.16050, 'Implications of computer science theory for the simulation hypothesis')